LA LIBERTÉ
La liberté est la faculté d'agir selon sa volonté sans être entravé par le pouvoir d'autrui. Elle est définie :
-
négativement : absence de soumission, de servitude, de contrainte exercée par autrui. L'être humain est indépendant.
-
positivement : autonomie et spontanéité du sujet rationnel ; les comportements humains volontaires se fondent sur la liberté et sont qualifiés de
libres.
La question de la liberté peut être considérée comme une question métaphysique par excellence
Le problème de la liberté surgit naturellement quand la raison humaine cherche à unifier les différents éléments de sa représentation du monde.
Une définition du sens commun serait : la liberté est de faire ce qu'on désire sans rencontrer d'obstacle. C'est l'absence de contrainte et
l'indépendance, comme, par exemple, le vagabond non assujetti à un ordre social (Arthur Rimbaud, Jack Kerouac, etc). Carmen, dit, dans l'Opéra de Georges Bizet : « Ce que je veux, c'est
être libre et faire ce qui me plait », « avoir pour pays l'univers et pour loi sa volonté ».
1. Libre arbitre: propriété de la volonté (actus proprius), faculté de choix qui associe raison et volonté. C'est l'union de la
spontanéité et de l'intelligence.
-
Spontanéité : c'est le fait de trouver à l'intérieur de soi le principe de ses mouvements. Tous les animaux (en tant que mus par de désirs internes)
sont en ce sens des êtres animés de manière spontanée.
-
Intelligence : par l'intelligence, faculté de choix, nous agissons par nous-même en connaissance de cause ; nous avons un discernement de nos
actes.
La liberté, c'est donc la spontanéité éclairée par la raison ; cette conception de la liberté n'est pas incompatible avec certaines formes de
naturalisme.
2. Liberté d'indifférence (voir Libre arbitre)
-
Selon Descartes, c'est « le plus bas degré de la liberté ».
3. Liberté transcendantale : c'est la faculté par laquelle l'individu peut disposer de lui-même et déterminer sa volonté en l'absence
de toute contrainte physique, c'est-à-dire indépendamment de la causalité naturelle (chez Kant par exemple). Est dit libre l'homme qui se gouverne selon sa raison. Cela sous-entend que l'individu
doit être en mesure de faire preuve de discernement et d'un grand sens critique : l'homme libre se donne à lui-même des normes cognitives.
Cette liberté a deux conditions : l'indépendance et la spontanéité.
-
Indépendance: notre arbitre est indépendant à l'égard des contraintes des penchants de la sensibilité. Si l'homme est affecté par des penchants qui
inclinent son arbitre, il peut les mettre de côté, les suspendre, pour agir d'après d'autres motifs issus de la raison. Dans ce cas, l'arbitre et la raison transcendent le monde en dépassant la
sensibilité. C'est une condition fondamentale de la liberté : l'activité de la volonté met en cause la passivité de notre rapport sensible au monde.
-
Spontanéité de la raison : c'est la faculté de créer du nouveau, d'ouvrir des possibles : la raison permet de poser un acte non déterminé par des
causes passées. Il y a alors invention et surgissement de nouveauté. Dans ce cas, la raison se donne à elle-même sa loi, elle légifère sans rien emprunter à la nature.
Si cette liberté existe, alors il y a une différence radicale entre l'homme et la nature.
4. Liberté morale
5. Liberté jaillissement
6. Liberté existentielle
Les problèmes théoriques soulevés par le concept de liberté amènent à se demander si la conscience de la liberté, ou l'expérience que nous en avons, porte
d'une manière certaine sur une réalité ?
Si oui, à quelle genre de réalité a-t-on affaire ? L'expérience semble manquer de consistance pour le déterminer. En effet, si la conscience que nous
avons de la liberté n'en est pas une connaissance, la liberté est soit une réalité métaphysique soit un concept vide.
· « J'aspire tant à la liberté, que si l'on me défendait l'accès de quelque coin des Indes, j'en
vivrais très mal à mon aise » (Montaigne), 1580
· « On appelle liberté le rapport du moi concret à l'acte qu'il accomplit » (Henri
Bergson)
· « L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté » (Jean-Jacques
Rousseau)
· « Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas... il obéit aux lois, mais il n'obéit qu'aux lois, et
c'est par la force des Lois qu'il n'obéit pas aux Hommes », (Jean-Jacques Rousseau), 1764
· « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites mais je défendrai jusqu'à la mort votre droit à
le dire » (attribué à Voltaire)
· « Nul individu ou groupe particulier ne peut être libre dans une société non libre » (Herbert
Marcuse)
· « L'homme se doit de tout désirer. Sa principale liberté étant le désir d'atteindre des
choses ; il est libre de concevoir son désir, avec la prévoyance de ses conséquences. » (Marlène Dietrich)
· « Je sais mal ce qu'est la liberté, mais je sais bien ce qu'est la libération » (André
Malraux)
· Paul Valéry la qualifie de concept ayant « plus de valeur que de
sens ».
· « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est
la liberté qui opprime et la loi qui libère » (Henri Lacordaire)
JPL