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Peut on avoir la maitrise de sa fin de vie ?

02/04/08

Peut-on avoir la maitrise de sa fin de vie ?

 

Périodiquement les media portent sur le devant de la scène des personnes en grande détresse physique ou morale et qui demandent qu’on les amène à une fin de vie apaisante.

 

Toutes ces personnes ne sont pas âgées, ces dernières années nous avons connu les cas de Vincent Humbert, Maya Simon et Chantal Sébire, pour notre pays. Le président Mitterand avait demandé que l’on mette fin à son traitement, pour le pape Jean-Paul II, il y aurait eu, peut-être, un arrêt de l’acharnement thérapeutique.

 

Tous les jours en France, des médecins, libéraux ou hospitaliers, éteignent des vies vacillantes à la demande de leur patient ou des familles. Cependant la loi ne permet pas cette démarche, ils ne sont pas à l’abri d’un recours judiciaire de la part d’un proche du défunt, le plus souvent.

 

Il s’agit là de l’euthanasie qui vient du grec eu : bon, bien et thanatos : mort. Elle peut être active ou passive et on parle aussi de suicide assisté.

 

Les pays européens ont des législations bien différentes. La France autorise l’euthanasie passive depuis la loi Léonetti avec bien des réserves et des réticences. Le premier à avoir jeté un énorme pavé dans la mare de l’indifférence fut le cancérologue Léon Schwartzenberg, c’était il y a 25 ans, avec son livre « Requiem pour la vie » ; d’autres auteurs ont écrit d’excellents livres sur le sujet, citons Elisabeth Rubler-Ross et Marie de Hennezel.

 

Schwartzenber, sans se mettre en scène directement, racontait l’histoire d’un médecin qui allait de famille en famille, donner l’apaisement à des patients en état de souffrance extrême. Parfois, la famille souhaitait l’intervention.

 

Son livre eut un grand retentissement dans le milieu médical, il a fait des conférences, il n’eut jamais de procès.

 

Il racontait aussi l’histoire d’un ou deux malades qui ne voulaient pas connaître la déchéance et qui s’éclipsaient pour disparaître de la vie en toute discrétion. C’était le cas d’un père qui se savait atteint d’un mal incurable et qui partit loin de ses enfants pour qu’ils aient plus tard, le souvenir d’un homme actif et vigoureux ;

 

Dans le film « Million dollars, Baby » est posé le cas de la demande de mort formulée par une femme qui avait une vie brillante. Elle avait été championne de boxe, elle était devenue grabataire, exactement locked-in syndrome, l’envie de vivre était restée très forte et la frustration très grande.

 

En général les hommes politiques sont très frileux sur le projet, pourtant l’opinion souhaiterait à 82 % une évolution de la règlementation sur ce sujet douloureux.

 

Dans les faits l’euthanasie passive est tolérée, l’euthanasie active peut être pénalement sanctionnée dans notre pays.

 

La religion catholique rejette l’euthanasie mais admet de mettre fin à l’acharnement thérapeutique sous certaines conditions.

 

L’Islam affirme que la vie est donnée par Dieu et qu’il appartient à Dieu de la reprendre quand il veut.

 

Dans le bouddhisme, la conception de la vie est différente, elle n’est qu’un moment dans un long continuum, la mort n’est qu’un passage. Dans des cas extrêmes, l’euthanasie est considérée comme un acte de compassion.

 

Que penser des soins palliatifs ? D’abord, ils peuvent s’adresser à tout malade en fin de vie et tous ne souhaitent pas l’euthanasie. On peut s’éteindre conscient et sans souffrance. Les demandes d’euthanasie sont peu fréquentes dans les services de soins palliatifs et souvent ceux qui entrent dans ces services y trouvent vite de l’apaisement.

 

Néanmoins, il faut savoir qu’il existe des souffrances physiques ou morales qui ne sont pas apaisables. J’ai connu un homme qui avait vu son fils de 24 ans mourir sous ses yeux d’une overdose. Il avait culpabilisé et avait de réelles raisons pour cela. Il ne se pardonnait pas d’avoir négligé son fils pendant des années. Quand je l’ai connu, il était devenu handicapé physique des suites de plusieurs tentatives de suicide ratées. Il est parti mourir dans une clinique suisse.

 

En Belgique on pense qu’il y aura trois à quatre mille demandes d’euthanasie par an. Mais maintenant, se pose à eux le problème des enfants très malades ou très handicapés pour qui l’on pourrait envisager une fin de vie apaisée et le cas aussi des handicapés mentaux.

 

Bernard

 

 

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