Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ce blog sert de soutien au café philo de Soustons, il vous permet de vérifier le calendrier, d'apporter des commentaires, de déposer des suggestions....

Publicité

Une contribution au thème : pourquoi l'être humain a-t-il besoin de règles pour coexister ?

Pourquoi l'être humain a-t-il besoin de règles pour coexister ?



Nous sommes esclaves des lois pour pouvoir être libres.

(Cicéron)


HISTORIQUE DES REGLES

(Partiel et arbitraire)

 

Bible - Evangiles


La loi biblique, puis ensuite l'Evangile.

Des interdits et des commandements, on passe au précepte de la charité.


Rigorisme


De saint Augustin au Moyen Âge, l'action morale est définie comme conformité à la loi.

Conséquence : morale objectiviste, adhésion à un ordre transcendant, dont les règles ont été inscrites dans le cœur de l'homme par Dieu (philosophie de la nature).


L'éducation morale et la pratique de la vertu développent la prudence. La conscience est reléguée en dessous de la loi. Dans le doute, il faut trancher en faveur de plus sûr. Pas de place laissée à la liberté du sujet.


Scolastique - saint Thomas d'Aquin


A partir du XIIIème siècle, les villes se développent bouleversant  l'économie, le commerce et la finance. Aristote devient le pôle d'influence, remplaçant saint Augustin. En morale, prévaut l'obligation de ne retenir que la solution la plus sûre.

C'est la période du « tutiorisme » : 1300-1550.


Casuistique - Ecole de Salamanque   XVIème siècle


Des situations morales nouvelles se font jour. L'école de Salamanque développe de nouvelles théories du droit, de l'économie et de la morale qui correspondent mieux à une société plus complexe.

Au fil des ans on a obtenu une casuistique de réponses devant des dilemmes moraux. Mais comme toute casuistique elle ne pouvait jamais être complète, aussi on a cherché une règle ou un principe plus général. On a alors développé le probabilisme, où le dernier critère n'était pas la vérité, mais la sécurité de ne pas mal choisir. Développé principalement par Bartolomé de Medina le probabilisme s'est transformé en école morale.


XVII et XVIIIèmes siècles


Querelle du jansénisme entre rigoristes et casuistes.

(Dispute toujours renouvelée entre libéraux et conservateurs ou autres appellations)


Mai 68


Il est interdit d'interdire. Jouir sans entrave


Conclusion


Les règles humaines doivent évoluer avec le contexte historique. Cette évolution se fait avec le développement de la conscience, de l'individu (personne morale), des notions de liberté et d'humanisme. La morale humaine est condamnée à s'adapter à des situations toujours nouvelles et rendues plus complexes par les progrès de la société.

L'articulation entre la liberté individuelle fondement de la dignité humaine et des règles, codes ou lois juridiques et morales apparaît vite comme nécessaire et difficile.


REMARQUES SUR LES REGLES


Inefficacité des lois abusives contre les groupes


La loi ne suffit pas : occupation de pays, totalitarisme en URSS, désobéissance civile, résistance passive. Aucune répression n'a jamais pu imposer durablement un système rejeté par une fraction importante et motivée de la société.

La subversion de la loi peut devenir une nécessité : évolution de l'environnement, crise, émergence de situation nouvelle.


Temps


Difficulté du jugement : comment juger une chose en cours d'actualisation non achevée, sinon par anticipation. La connaissance par essai validation est une solution.


Les conséquences morales des situations humaines qui s'accumulent au cours des événements font l'objet d'une maturation par la société. La règle est la condensation, la cristallisation de règles élémentaires évaluées. Le problème est d'évaluer les règles.


Crise


La crise correspond à une croissance brutale du flux des évènements. Dans la théorie des systèmes, l'instabilité vient des perturbations et des retards. Ce sont les gradients élevés de variations infinitésimales qui provoquent les perturbations et non des oppositions de type dialectique. Les retards se mesurent en générations humaines, ils causent le passage en régime non linéaire et participent aux crises.


Alors la « cristallisation » permanente de nouvelles règles ne s'effectue plus. Il y a accumulation de plus en plus rapide puis saturation. La structure ne fonctionne plus de façon auto organisée ou auto adaptative.


Solution de la crise : émergence de nouvelles règles suite à une nouvelle situation.

On retrouve une structure enrichie, plus complexe ou une solution désastreuse qu'il faudra rejeter, corriger ou combattre.


Analogie : En asservissement on élimine les instabilités en amortissant le système ou en filtrant les perturbations rapides, ou mieux en améliorant les performances de ce système.

Comme toute analogie, celle-ci est à prendre avec discernement.


Conclusion : que l'on soit sur des systèmes, des circuits électroniques, ou sur la vie de groupes humains, il faut respecter des définitions, des limites, des règles.


Exemples négatifs dus à l'absence de règles


# Logique : ce qui n'est pas défini n'existe pas. (Apeïron des Grecs)


# Absence de règles dans l'ultralibéralisme financier (crise des subprimes).

L'autonomie des marchés financiers (déréglementation, décompartementalisation et désintermédiation du système bancaire) sous prétexte d'autorégulation des marchés censée permettre une optimisation du financement des économies, a abouti à la formation de périodes de recherche sans frein du profit, de bulles puis de crises. L'accumulation est propre à tout système vivant, son emballement aussi.

Nota : les anciens étaient sages d'exiger l'ordonnancement des moyens entre eux et des moyens aux fins. Ne prendre en compte que l'efficacité, est le résultat d'une réduction perverse du système aristotélicien des quatre causes à la seule cause efficiente. Cette réduction opérée par Galilée est justifiée en physique déterministe pour décrire le mouvement local des corps matériels. Appliquée aux sciences humaines, c'est irresponsable.

Fascination des mathématiques ! Fascination du rationnel ! Croyance en la possibilité de maîtriser le Cygne Noir par les mathématiques financières !


# Code de la route : conduite à droite et/ou à gauche suivant l'humeur de chacun !


# Dialogue entre deux individus sans langage commun !


# Jouir sans entrave ! Quid du viol !


PLACE DES REGLES DANS LES STRUCTURES


Règle dans une conception structure et matière-forme


Règles, loi, structure, organisation, matière et forme.


Pour mieux comprendre le monde, l'esprit humain distingue des structures composées d'éléments semblables, de lois applicables à ces éléments et de propriétés qui assurent l'harmonie de la structure. Nous distinguons ces structures parce que ce sont celles de notre intelligence. (Ou le sont devenues ?)

Le couple matière forme est une autre façon d'analyser la réalité. La matière est la substance permanente, la forme définit ou dans le cas d'une analyse formelle décrit un processus opératoire qui aboutit à l'objet achevé, actualisé.

Une  même réalité peut s'observer, avec plus ou moins de pertinence, par plusieurs organisations structurelles ou plusieurs processus formels successifs. Il s'agit d'évaluer plusieurs méthodes des multiples perspectives appliquées à une même réalité. Dans tous les cas des éléments hors structure ou une matière sans forme, ou même une perspective de perception sans évaluation ne peuvent aboutir à l'actualisation achevée, donc à une quelconque manifestation dans l'existence. On voit bien que l'on butte sur les limites, la finitude, de l'intelligence humaine.


Dans le monde physique, donc déterministe, la loi est imposée. Dans le monde vivant l'évolution s'applique aux lois comme aux événements.

Au niveau humain, le processus évolutif par essai validation assure la liberté humaine. L'imagination se substitue aux seules données matérielles. L'homme peut évaluer et sélectionner de nouvelles règles. Ces règles, n'étant plus inscrites dans des structures physiques ni organiques, le sont désormais dans des structures transmises par le génome, par l'apprentissage, par la culture. Elles sont de plus en plus sujettes aux perturbations, aux changements brutaux. C'est une condition de la vie  et de l'évolution.


L'important est de comprendre que l'absence de toute règle, de toute structure, laisserait la place au néant.


Autonomie, hétéronomie


Question de vision de l'homme et de sa place dans l'univers

Position non démontrable, pétition de principe. De mon point de vue, faux problème.


Elan interne et autonome contre hétéronomie

Spinoza, Bergson, Deleuze

N'est-ce pas une façon de faire disparaître les problèmes de la responsabilité, de la liberté, de la volonté, de la décision ? A moins d'une interprétation superficielle ?


Individu, groupe

Opposition sans issue

La priorité à l' « universel » de la raison aboutit aux divers totalitarismes, au constructivisme de  Hayek.

En fait individu et groupe se construisent conjointement.


Il faut une force et une résistance pour manifester une forme.

Intensité et résistance produisent une tension en électricité.


Jung - Dialectique et inconscient

La structuration d'une personne est une construction.


CONCLUSION

 

De nombreux systèmes de règles font partie intégrante de la nature humaine. Vouloir, sous prétexte d'une liberté sans limite, les supprimer est aussi illusoire que de vouloir maintenir l'intégrité d'un corps physiologique sans son système osseux. Les règles adéquates, pertinentes, acceptées, structurent l'être humain. La seule difficulté est de savoir à bon escient les contester, les refuser, les remplacer. Le fondement de l'humain est une vision globale de l'homme, laquelle ne peut être que l'expression d'une responsabilité de chacun partagée par un groupe, et certainement pas l'émanation d'un concept universel.



Jean-Claude



Citation


La colombe légère, quand, dans son libre vol, elle fend l'air dont elle sent la résistance, pourrait se représenter qu'elle réussirait encore bien mieux dans l'espace vide d'air. C'est ainsi justement que Platon quitta le monde sensible , parce que celui-ci impose à l'entendement de si étroites limites, et qu'il s'aventura au-delà de celui-ci, sur les ailes des Idées, dans l'espace vide de l'entendement pur. Il ne remarqua pas que malgré tous ses efforts il n'avançait nullement, car il ne rencontrait rien qui s'opposât à lui et qui fût susceptible de lui fournir pour ainsi dire un point d'appui, sur lequel il pût faire fond et appliquer ses forces pour changer l'entendement de place.


Kant, Critique de la raison pure

III, 31 - IV, 18

(B 9)

Traduction Alain Renaut



Lecture


De l'universel, de l'uniforme, du commun

Et du dialogue entre les cultures

François Jullien

Fayard, 2008


Le Cygne Noir

La puissance de l'imprévisible

Nassim Nicholas Taleb

Les Belles Lettres, 2008

















Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article