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RECTIFICATIF au texte présentant le thème Pourquoi l'être humain a-t-il besoin de règles pour coexister ?


La notion de besoin.

L'intitulé de notre thème s'articule autour de la notion de besoin, ceci sous-entend que nous devons nous placer dans une perspective fonctionnaliste impliquant que le rapport entre l'être humain et les règles est de nature univoque.

Employer la notion de besoin, nous conduit à accepter que l'on modélise la société humaine en la comparant au fonctionnement du corps humain, et qu'ainsi, tout ce qui existe dans notre société est socialement utile, et remplit une fonction, tel un organe, qui concoure au fonctionnement harmonieux d'un ensemble biologique.

Il n'y a donc dans notre thème de réflexion nul questionnement nous demandant de réfléchir sur la nature du lien pouvant exister entre l'humain et les règles, mais uniquement sur sa fonction.


En reformulant le thème, on pourrait énoncer la question suivante : Pourquoi les règles nous servent-elles à vivre ensemble ?



Pour éclairer ce questionnement je présenterais rapidement deux points de vue, l'un ontogénétique en prenant appui sur la fonction de la règle dans l'évolution du jeu chez l'enfant, l'autre phylogénétique sur la constance des règles dans les sociétés humaines.

Bien sûr je ne ferai que survoler ces thèmes afin de ne pas alourdir le temps de présentation.



Perspective ontogénétique.

Lorsque le jeu de l'enfant, vers 2 ans, se différencie de celui de l'animal, c'est essentiellement par l'imaginaire que cela se produit (jeu d'imitation, du faire semblant), la règle est alors individuelle, fantasque, et varie au gré des thématiques. L'enfant n'a pas besoin des autres...

Puis l'enfant joue avec les autres, d'abord côte à côte puis ensemble. Certaines règles apparaissent pour ordonner le jeu, mais elles sont fluctuantes. Dans les jeux individuels, elle est encore arbitraire (suivre le bord du trottoir, marcher sur un pied, répéter une phrase difficile, etc.)

Puis plus tard, dans les jeux collectifs et traditionnels, les règles, souvent héritées du passé, deviennent très strictes, impliquant souvent des comportements rituels (la transgression de la règle s'accompagne à ce moment d'une forte réprobation collective)

De cette rapide évocation, on remarquera d'abord que la règle permet à l'enfant de jouer avec les autres, la soumission à la règle permet l'action collective.

Donc pour revenir à notre thème, la règle permet à l'enfant de co-exister [exister avec les autres] !!!

Une seconde remarque, peut-être pas anodine, attire notre attention sur le fait que, dans la cour de l'école, les filles, lorsqu'elles jouent, elles s'entraînent au respect de la règle tandis que les garçons recherchent la prouesse et jouent avec la règle !!



Perspective phylogénétique

Claude Lévi-Strauss a cherché et montré qu'au-delà des cultures différentes il existe des règles immuables qui caractérisent l'espèce humaine.

Pour donner un exemple, désormais célèbre, il met en évidence la règle de la prohibition de l'inceste, qui interdit le mariage à l'intérieur d'un certain champ de parenté, est à la fois universelle (elle existe comme telle dans toutes les sociétés) et relative (elle se présente sous des modalités différentes dans les différentes sociétés).

En fait, cet interdit n'est que le négatif (au sens photographique du terme) de la règle fondamentale de l'échange (la réciprocité du don) sans laquelle la société ne pourrait exister : interdire l'union dans le groupe, c'est induire l'échange des conjoints entre les groupes et donc l'alliance.

Cette évocation rapide, d'une règle qui organise et structure des sociétés, illustre une phrase de Claude Lévi-Strauss : "partout où la règle se manifeste, nous savons avec certitude être à l'âge de la culture".

On voit ici que la fonction de la règle est de permettre à la société d'exister, c'est-à-dire, dans sa perspective de passer de l'état de nature à celui de culture.

Dans le même esprit, j'aurai pu évoquer ce que disait S Freud dans "Totem et tabou".



Questionnement.

Au-delà des règles que je viens d'évoquer, que l'on pourrait qualifier, pour aller vite, de contrat pour les jeux de l'enfant, de morale pour ces règles structurales, il existe aussi d'autres règles plus modernes, plus changeantes, plus politiques telles que : le droit, et la législation.

Ils apportent d'autres réponses sur les règles de vie en société humaine.


C'est ce que nous allons vous proposer maintenant :


André

. Jean Chateau, Le jeu de l'enfant, Paris, Vrin, 1967.

. Claude Lévi-Strauss, Les Structures élémentaires de la parenté (1949), Tristes Tropiques (1955).


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