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ET SI L’HOMME N’ETAIT PAS LE SEUL ÊTRE INTELLIGENT DANS L’UNIVERS ?
Introduction
Ce questionnement pose deux affirmations :
Il suggère l’importance de la découverte éventuelle d’une autre espèce intelligente.
De plus, être sous-entend être vivant.
Difficulté propre à la question
Les mots vie et intelligence sont difficiles à définir et dépendent fortement des positions philosophiques, idéologiques et religieuses de chacun.
Se référer au dictionnaire, Robert par exemple ou aux articles de Wikipédia :
Vie - Wikipédia et Intelligence - Wikipédia
Problème réel caché derrière la question
D’une façon générale, quelque soit l’idéologie retenue, l’homme a tendance à considérer que seul parmi les êtres vivants évolués, il dispose d’une intelligence supérieure et dominante. L’homme maître de la création.
Dès lors, la vraie question serait : que se passerait-il si nous rencontrions des êtres vivants qui nous surpasseraient en intelligence ou toute autre performance ?
Attitude du « rationaliste-scientiste »
Les sciences nous montrent la rationalité disséminée dans tout l’univers. L’intelligence, est présente dans toutes les lois physico-chimiques. A ce titre tout objet contient une part d’intelligence, ne fusse que la conformité à la loi de la gravitation universelle de Newton ou au principe d’Archimède. Le simple va-et-vient électrique de nos couloirs satisfait une équation logique booléenne tout à fait rationnelle. La vie quant à elle est la propriété universelle de tous les êtres d’un univers soumis dans sa totalité à l’évolution, y compris la géologie, l’histoire des planètes ou des galaxies.
L’intelligence promet à l’homme un progrès continu et illimité vers une connaissance totale et donc, la compréhension de toute chose du cosmos. Elle nous assurera la maîtrise de la totalité de la matière et nous procurera le bonheur propre à celui qui sait.
C’est une tendance totalitaire vers la domination de la Nature. L’homme est alors condamné à vagabonder des quarks aux galaxies. Au bout de ces espaces infinis : la solitude, l’angoisse existentielle, le nihilisme, la peur de rencontrer des êtres plus puissants que nous-mêmes.
Nous pouvons alors envisager la découverte d’un être vivant doté d’une intelligence supérieure. La science, sous réserve que l’être en question ne s’y oppose pas, nous assurera la compréhension de sa constitution matérielle. Manque l’interprétation seule apte à fournir du sens, de la valeur !
Nota : depuis Galilée la science moderne s’est développée grâce à l’objectivité garantie par la prise en considération de la seule cause efficiente, limitant la méthode scientifique à l’expérimental et le causal (lois mathématiques). On aboutit à la compréhension des objets et des faits du monde physique.
Le sage a ensuite tout loisir de considérer les sciences humaines fondées sur le récit et l’interprétation pour donner du sens, de la valeur, aux faits proprement humains. La cause finale peut alors être reprise, quitte à la déguiser en « téléologie ».
Difficultés à envisager lors de la rencontre
L’être vivant :
C’est le cas de l’automate totalement déterminé par l’homme. Mais tellement booléen !
La rencontre entre les européens et les amérindiens puis les africains ou les asiatiques, s’est toujours faite au détriment du faible pour le bénéfice des forts. Théologiens et savants ont toujours rivalisé d’imagination pour fournir les alibis adéquats.
La nature humaine
Contrairement à un discours pseudo-scientifique, elle ne réside pas ni dans la vie, ni dans l’intelligence.
Ce qui fait l’humanité de l’homme se situe dans un excès par rapport à la matière, une transgression continue. Elle n’est pas dans l’ontologie mais exclusivement dans la relation.
L’humain advient par la rencontre d’individus, l’intériorisation, la sédimentation, de leurs ressentis, la prise de conscience conjointe, une succession continue de transformations. C’est une construction, un processus.
Condition nécessaire : ailleurs et autrui.
Ce qui importe n’est plus une compréhension, une description complète et rigoureuse.
Mais la montée vers la conscience qui autorise l’interprétation.
La relation
La relation interpersonnelle est affaire de :
En ceci, l’établissement d’une relation interpersonnelle n’a rien à voir avec la seule connaissance scientifique. Elle a une portée axiologique, éthique. Elle exige une disposition, une vertu, que vous appellerez au choix : charité, amour, amitié, fraternité, compassion, écoute, accueil, don.
Attitude du sage
Le scientiste tend à atteindre la totalité grâce à la connaissance, laquelle est rendue possible par l’intelligence. La pensée comprend l’autre pour l’assimiler à soi. Le différent est ramené au même. Le sujet pensant tend, par la compréhension, à assimiler la totalité du monde, l’autre étant réduit à un objet. Aucune relation n’est présente. La fusion est à la base du savoir. C’est le niveau biologique de l’assimilation des substances disponibles dans le milieu ambiant par l’organisme cellulaire.
Le sage, pour briser l’enfermement de la pensée, recherche l’infini de la nature humaine, ce qui est réalisé dans la relation. L’autre est un sujet dont l’humanité en tant que telle est irréductible à une quelconque objectivation. L’incommunicabilité matérielle radicale est la position de départ entre deux sujets.
Elie Wiesel
En 1945, dans un camp de concentration, un jeune gamin se trouvait devant le peloton d’exécution pour avoir contrevenu au règlement. D’autres juifs, nous rapporte Elie Wiesel étaient rassemblés pour assister à l’exécution. Alors l’un d’entre eux hurla « Mais il est où votre Dieu ? Que fait-il donc en ce moment ? » Une voix lui répondit : « Il est là, devant toi, dans la fragilité radicale de ce gamin ! ».
Conclusion
Et si l’homme n’était pas le seul être intelligent dans l’univers ?
Il n’y a pas de réponse scientifique définitive à cette question, sinon attendre une telle rencontre. Que l‘événement se produise ou non, n’a pour moi aucune importance, hormis des réponses d’idéologues extrémistes. L’Histoire nous en a donné de funestes exemples de massacres et d’horreurs.
La véritable question est : quelle est mon attitude éthique devant autrui ?
Autrui n’est pas uniquement un « pharaon tout puissant », ni un extra-xxxx capable de faire des bonds de cinquante mètres ou de résoudre la quadrature du cercle.
Il est souvent l’autre désespéré que nous croisons en accélérant le pas, de peur de rencontrer son regard. Des photos prises à Cachan ou le long du canal Saint-Martin apaiseront notre conscience !
Lecture
Emmanuel Levinas, Totalité et infini
Jean-Claude