17 octobre 2007
LE RESPECT DES AUTRES
Le mot « Respect » serait apparu dans notre langage en 1287 avec le sens de notification, rapport. Il vient du latin respectus signifiant regard en arrière
et au figuré considération.
Respect a pris au fil du temps des significations multiples. Aujourd’hui nous essaierons d’en faire le tour de façon superficielle, tout en donnant à chacun des
accroches qui amèneront la discussion.
Respect peut vouloir dire prendre en considération, ou sentiment qui porte à accorder à quelqu’un une considération admirative en raison de la valeur qu’on lui
reconnaît et à se conduire envers lui avec réserve et retenue par une contrainte acceptée.
On peut citer quelques synonymes ou presque qui apportent des nuances : considération, déférence, révérence. On peut imposer le respect, ou l’inspirer, on peut
traiter quelqu’un avec respect, il s’agit-là plutôt de politesse, mais on peut aussi manquer de respect à quelqu’un.
A l’opposé de ces concepts parlons d’irrévérence, d’irrespect, d’impolitesse. Existe-t-il des personnes qui mériteraient de l’irrévérence ou de l’irrespect ? Un
journal ou un livre satiriques manquent-ils de respect envers un homme ou envers son œuvre ?
Respect peut prendre aussi le sens de politesse ou presque, n’oublions pas les expressions « sauf le respect que je dois » ou « sauf votre
respect » lorsqu’on s’apprête à sortir un propos qui n’entre pas dans le droit fil de la bienséance ou de la courtoisie.
Respect s’apparente aussi au sens de la vénération que l’on rend à Dieu ou au sacré, il s’agit alors d’adoration ou de piété. Un juron serait un manque de respect,
la soumission au divin serait signe de respect. Le blasphème serait dans ce cas l’antinomie du respect.
On retrouve le mot également dans de nombreuses expressions, dans un système hiérarchique donné, un soldat par exemple présentera ses respects à son officier.
Respect humain signifie la crainte du jugement des hommes qui conduit à se garder de certains actes, de certaines attitudes.
Dans un pays démocratique, égalitaire, chaque individu a droit au respect par principe ; c’est sans doute une règle que personne ne contredira mais il faut
parfois la rappeler lorsque l’on considère des populations marginales, les handicapés, les personnes très âgées, les SDF notamment. Respecter un individu, c’est d’abord prendre en considération
sa nature d’homme avant tout. On touche ici à un autre concept, celui de la tolérance.
Et puis, on nous élève dans le respect, la politesse qui est un code de conduite entre les individus, mais surtout le respect des lois, des croyances, des
traditions. A trop respecter l’éducation qu’on nous donne, on peut se sentir enfermé, on risque de ne pas s’épanouir ou de se voir confronté à des conflits internes, il est parfois difficile
d’être soi.
Autre aspect que j’évoquerai, au nom du respect des peuples à disposer d’eux-mêmes, aucune grande puissance n’interviendra en Birmanie prochainement, pas plus qu’à
Cuba, qu’en Corée du Nord, dans tous ces pays où depuis des décennies, les habitant meurent de faim et sont privés des libertés essentielles. Le respect est synonyme ici d’hypocrisie.
Enfin dans tout pays démocratique, l’alternance amène que la majorité d’hier puisse être la minorité de demain. Néanmoins, on peut constater qu’assez souvent le
respect des convictions de l’un ou l’autre groupe est mis à mal fréquemment avec parfois des arguments douteux.
Bernard